jeudi 5 décembre 2019

Interview : Samuelle Barbier


Samuelle Barbier est une jeune auteure de 31 ans. En 2019, elle publie son premier roman, La Sirène et le Scaphandrier dans lequel elle met en scène une Londonienne agoraphobe qui va entretenir une relation épistolaire avec un Texan incarcéré à New York. Samuelle exerce le métier d’enseignante. Cette grande amoureuse des chiens a elle-même un compagnon à quatre pattes prénommé Sheila. Elle a eu la gentillesse de répondre à quelques questions.


Comment votre envie d’écrire est-elle née ?

J’ai commencé à écrire au lycée, des fanfictions pour Harry Potter. Et puis je me suis laissé absorber par la vie, les études… et je n’ai repris qu’il y a trois ans pour le premier concours VDS thriller sur Fyctia.


La Sirène et le Scaphandrier aborde le thème de l’agoraphobie. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ?

Je vis dans le Nord, là où les hivers sont froids et humides… et je suis une vraie frileuse, alors j’ai tendance à « hiverner ». Mais au bout d’un moment, ça pèse de ne sortir que pour aller au travail et faire quelques courses et on prie pour le retour du soleil. C’est comme ça que l’idée m’est venue. Je me suis demandé comment les agoraphobes pouvaient se débrouiller pour tout faire sans jamais sortir de chez eux.


De Zach ou d’Hanna, quel est votre chouchou ?

Aaaah dur de choisir. Je n’ai pas vraiment de chouchou, je les aime de la même manière. Mais honnêtement, Zach me ressemble plus qu’Hanna (je vous rassure, je n’ai jamais eu de problème avec la loi XD). Par contre, j’ai ce côté « on me dit que l’eau est brûlante mais je vais quand même y mettre la main, quitte à me brûler ». Je comprends mieux Zach qu’Hanna. Mais j’aimerais davantage ressembler à Hanna. Elle voit le meilleur chez les autres, c’est une vraie gentille, et surtout elle a bien meilleur caractère que moi 😊.


Pourriez-vous me confier un « secret » concernant l’écriture de ce roman ?

J’ai une écriture puzzle. J’écris des bouts et ensuite j’assemble le tout. Pour La Sirène et le Scaphandrier, le tout premier chapitre que j’ai écrit est en fait le tout dernier du livre.


Quel(s) livre(s) emporteriez-vous sur une île déserte ?

J’ai droit à combien de livres ? 😊 Parce que j’emporterais toute la saga Anne de L.M. Montgomery, tous les Outlander de Diana Gabaldon, les Harry Potter bien sûr, tous mes Mary Higgins Clark, et… tellement d’autres. Impossible de choisir ! 😊 


Samuelle, un grand merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions !

dimanche 1 décembre 2019

La Sirène et le Scaphandrier


 


Titre : La Sirène et le Scaphandrier
Auteure : Samuelle Barbier
Genre : contemporain
Nombre de pages : 240 pages
Éditeur : Hugo Roman
Date de publication : juin 2019
Ma note : 17/20








Quatrième de couverture :

« New York. Zach est enfermé dans une cellule, il paie sa dette à la société. Londres. Hanna est enfermée, elle aussi. Elle vit recluse dans son appartement, incapable d’en franchir le seuil. Poussée par son psychologue, elle s’inscrit à un programme pour correspondre avec des prisonniers et fait la connaissance de Zach, qui attire son attention dès ses premiers mots. Et s’il offrait à Hanna une liberté qu’elle pense hors de portée ? »


Ce que j’en ai pensé :

Après avoir repéré ce livre sur Booktube, je m’étais dit qu’il fallait que je me le procure et le lise, que l’histoire pourrait vraiment me plaire. Et comme j’ai bien fait de suivre mon instinct !

La Sirène et le Scaphandrier présente deux protagonistes, chacun enfermé à sa manière. Hanna est une jeune Londonienne agoraphobe depuis plusieurs années. Sa peur du monde extérieur est telle que son facteur lui monte son courrier et lui sort les poubelles tant la crise d’angoisse menace à l’idée de mettre un pied hors de son appartement. Zach vit quant à lui de l’autre côté de l’Océan atlantique. Ce Texan a été incarcéré à New York, dans une prison où il doit purger une peine de cinq ans. Sur les conseils de son psy, Hanna va s’inscrire sur un site pour échanger avec des prisonniers, et va ainsi débuter une relation épistolaire entre elle et le criminel susmentionné. Et si c’était grâce à un homme écroué à des milliers de kilomètres que Hanna parvenait à surpasser ses peurs…

J’ai passé un très chouette moment avec cet ouvrage. Tout d’abord, j’ai aimé la forme de l’intrigue qui nous est proposée, se focalisant sur un personnage puis sur l’autre chapitre après chapitre. Nous suivons à la fois les intéressés sous la forme d’une narration traditionnelle, mais nous pouvons aussi lire les missives qu’ils s’échangent. J’ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir ainsi assister à leur relation naissante qui va devenir pour l’un comme pour l’autre l’un des points essentiels de leur existence. Nous sommes de cette façon les témoins de leur quotidien, de leurs pensées, de ce qu’ils se disent mais également des mots qu’ils n’osent pas écrire.

Bien sûr, cet ouvrage manque parfois quelque peu de vraisemblance. Par exemple, j’ai du mal à croire qu’au bout de quelques lettres, une femme cloîtrée chez elle parvienne à sortir dans les rues de Londres ou à se rendre dans un refuge pour adopter un chien. Pour autant, cela ne m’a pas gênée. J’ai tant apprécié les personnages de Hanna et de Zach ainsi que leurs histoires que j’ai fait fi de ces petites distorsions avec la réalité. En revanche, j’ai beaucoup aimé le parallèle fait entre Zach, qui se retrouve derrière de vrais barreaux, et Hanna, qui est devenue prisonnière d’elle-même et de son esprit. Et le tout est porté par une plume très agréable et de courts chapitres, qui donnent furieusement envie de continuer notre lecture. 
La Sirène et le Scaphandrier est un de ces romans qui font du bien. Qui vous divertissent et vous permettent de vous échapper du quotidien telle une bouffée d’air frais. On le referme le sourire aux lèvres, sachant que l’on aura une petite pensée pour les personnages mis en scène chaque fois que l’on posera les yeux sur cet ouvrage.


Je pense que les chansons les plus fortes sont celles qui nous donnent l’impression qu’on aurait pu les écrire, si seulement on avait réussi à trouver les mots. Quelqu’un d’autre s’est simplement substitué à nous pour nous permettre d’exprimer nos émotions.

dimanche 24 novembre 2019

Entretien avec un vampire


 


Titre : Entretien avec un vampire
Auteure : Anne Rice
Genre : fantastique
Nombre de pages : 528 pages
Éditeur : Pocket
Date de publication : avril 2013
Ma note : 8/20








Quatrième de couverture :

« À La Nouvelle-Orléans, dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel, un jeune homme est le dépositaire d’un étrange et fascinant récit. Deux siècles plus tôt, en Louisiane, riche propriétaire terrien, Louis n’a plus goût à rien. Dépressif, lassé de vivre, il n’aspire qu’au repos éternel. Lestat, jouisseur amoral, assoiffé de vie et de plaisirs, croise sa route et scelle son destin. En le faisant vampire, il devient le guide de son âme damnée et torturée dans le monde de la nuit. »


Ce que j’en ai pensé : 

Jusqu’à il y a quelques semaines, Entretien avec un vampire était avant tout pour moi un très bon film avec Brad Pitt et Tom Cruise. J’avais le livre dans ma bibliothèque depuis (trop) longtemps, et j’ai donc décidé de me plonger dans ce roman. J’en ressors vraiment déçue ! Explications…

Au début de l’ouvrage, nous faisons la connaissance de Louis, un vampire interviewé par un journaliste. L’auteure prend ainsi son temps pour poser l’ambiance et le contexte, et nous découvrons en même temps que ledit reporter la transformation de cet être si étrange, qui a eu lieu à La Nouvelle-Orléans, à la fin du XVIIIe siècle. Le début est vraiment prenant, et ce récit nous fait parfois froid dans le dos. Rongé par le remords et la culpabilité de la mort de son frère, Louis fait la rencontre de Lestat, un vampire ô combien charismatique, qui va se charger de sa métamorphose et de son apprentissage. Malheureusement, si j’ai trouvé le principe de l’interview très original, je dois avouer que cela a fini par me lasser.

Tout d’abord, ce livre de plus de cinq cents pages ne comporte que quatre parties, et le tout sans aucun chapitre. Je pense que cet aspect « bloc », avec beaucoup de descriptions et finalement assez peu de dialogues, y est pour beaucoup dans mon ennui, car cela a donné à l’ouvrage un côté assez indigeste. De plus, le narrateur est toujours Louis, on ne voit donc que son point de vue, et comme il était parfois légèrement agaçant, ses propos m’irritaient tout autant. Et s’il rencontre divers protagonistes lors de son parcours allant des États-Unis à Paris, en passant par l’Europe de l’Est, seul Lestat m’a véritablement intéressée. Si la première partie m’a beaucoup plu, la suite n’a fait que péricliter au fur et à mesure que j’avançais dans l’intrigue. Pour finir, j’avais clairement le sentiment de tourner en rond, et je n’étais plus du tout à ma lecture. Je dois admettre que je l’ai terminé sans réel plaisir.

Pour autant, si Louis m’a paru quelque peu insipide parfois, j’ai beaucoup aimé Lestat. Oui, c’est un vampire ; oui, il peut être monstrueux ; oui, il ne fait pas dans la dentelle, mais il faut reconnaître qu’il est très charismatique ! Son éloquence, sa prestance et son esprit font de lui un être particulièrement intéressant. D’ailleurs, même si je n’ai pas accroché à Entretien avec un vampire, il ne fait aucun doute que je lirai Lestat le vampire (qui, lui, est écrit en chapitres !).


Tuer n’est pas un acte banal, répondit le vampire avant d’ajouter en secouant la tête : Il ne s’agit pas simplement de se gaver du sang d’un autre, c’est assurément faire l’expérience de sa vie, et souvent ressentir cette vie l’abandonner en même temps que son sang.